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jeudi 31 octobre 2013

SCIENCE FICTION - SILO, Hugh HOWEY - Actes Sud Nouvelle collection Exofictions

Cette maison d'éditions, qui nous a fait découvrir Katarina Mazetti, Stieg Larsson et Victor del Arbol (entre des centaines d'autres auteurs de talent) nous propose une nouvelle collection, tournée vers la science fiction et l'anticipation, avec comme toujours des textes superbement écrits.

SILO, c'est toute une société qui vit dans un gigantesque silo, enfoncé dans le sol, avec pour seul contact avec l'extérieur une fenêtre vidéo qui leur montre le monde de désolation qui attends dehors.
Dans cette structure, les personnes qui parlent de sortir sont condamnées à le faire, définitivement, mais avec pour mission de nettoyer les capteurs permettant aux autres de voir ... et tous les font avant de mourir.

Une jeune femme, droite et curieuse, va finalement découvrir pourquoi, et provoquer des bouleversements irréversibles.

Un classique du genre, le monde post apocalyptique, la survie d'un petit nombre, et les luttes de pouvoir.
Mais le fait de le placer dans un environnement clos, sous terre, rends l'histoire plus angoissante, plus "concentrée".
 
Les découvertes se font petit à petit, et préparent à ce qui suivra, dans les prochains tomes : Shift, qui raconte la construction de SILO, et Dust qui finira la trilogie.
 
Amateurs de SF, régalez-vous !
 
SILO - Actes Sud Exofictions, 23€
 

jeudi 24 octobre 2013

ROMAN NOIR - REFLEX, Maud MAYERAS - ANNE CARRIERE

Avant de vous parler ce livre, je dois revenir quelques années en arrière. Lors d'un salon, un ami me présente brièvement (parce qu'un peu pressée la dame) une jeune auteure dont le premier livre avait été l'un des coups de cœur du redoutable Gérard Collard, le libraire à la houppette.
 
Ce titre, Hématome, avait été un véritable uppercut : jeune certainement, un peu too much, sans doute, mais l'intrigue était excellente, et son écriture promettait beaucoup. Et puis silence ... la jeune femme a eu d'autres priorités, mais de temps en temps, elle nous parlait d'Iris, son nouveau personnage. Et elle a pris le temps de le peaufiner, de le travailler, pour arriver à Reflex ...

 
Iris Baudry est photographe judiciaire, celle qui prend les photos sur les scènes de crimes. On l'appelle, elle vient, elle shoote, et elle envoie les photos.
 
Mais cette fois, l'endroit où elle est appelée lui hérisse le poil : sa ville natale, qu'elle a quittée voilà plus de 10 ans, après la mort de son fils. Et il semblerait que le cauchemar recommence, de nouveaux meurtres viennent raviver les blessures et les haines.



Une autre histoire nous est contée, celle d'une lignée de jeunes filles "maudites", depuis les années 20, où la descendance mâle concentrera toutes les rancœurs et les haines accumulées.

Je n'en dévoilerai pas plus. Inutile. Partez à la découverte d'Iris, de son univers, de son passé et son présent, et suivez la piste de ce tueur dans l'ombre, découvrez le moment où ils se dévoileront l'un l'autre. Laissez vous porter par les mots, malgré leur dureté, et découvrez ce qui se cache au plus profond de ces personnages.

C'est une écriture incisive, qui frappe là où ça fait mal, qui rends compte sans effets de manche et sans fards de douleurs, de violences et de traumas forts.

Iris est le genre de personnage qui vous donne à la fois envie de la prendre contre votre cœur et de la frapper aussi fort que vous le pouvez. Croyez moi ...

REFLEX, Maud MAYERAS, Anne Carrière - 21€
 
 

FANTASTIQUE DR SLEEP - STEPHEN KING

Les amateurs du genre, et surtout du grand maître Stephen King, connaissent bien Shinning, l'histoire d'un petit garçon extraordinaire prisonnier d'un hôtel maléfique durant un hiver spectaculaire, avec un père alcoolique et des fantômes pas sympas du tout (oui, il y a beaucoup d'adjectif dithyrambiques, désolée, c'est plus fort que moi).

Dr Sleep démarre par un flash back : Danny, Wendy et Dick s'en sont sortis, mais pas sans séquelles. Wendy a le dos en compote, Dick se fait vieux, et l'Overlook n'a pas complètement abandonné Danny.

Et les voix dans la tête de Danny ne se taisent pas.

20 ans plus tard, Dan est un alcoolique qui touche le fond, si semblable à son père, mais au moins les voix se sont tues. Jusqu'à ce que Tony, son alter égo fantomatique, revienne lui prendre la main, et l'ammener à se poser dans une petite ville bien tranquille.

Mais il n'est pas seul : une "famille" de campingcaristes très particulière pourchasse les enfants doués comme Dan l'était, pour en extraire la brume qui leur permet de vivre longtemps. Et il y a Abra, cette enfant dotée d'un don hors du commun.

Lorsque leurs routes vont se croiser, c'est un énorme bras de fer qui va se jouer, et le passé n'est jamais aussi près que lorsqu'on le croit révolu.

Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue, sinon que les surprises sont au rendez vous, les clins d'œil à Shinning bien présents, et certaines révélations très surprenantes.

Mais encore une fois, la magie opère. Les débuts lents, descriptifs, nous replongent petit à petit dans l'ambiance, et nous mènent par le bout du nez là où Stephen King veut nous placer.

Les AA, le bien, le mal, la frontière floue qu'il peut y avoir entre les deux, tout cela et bien plus encore, vous le trouverez dans cette histoire.

J'ai eu énormément de mal à le finir : envie de savoir, mais en même temps envie de prolonger ce moment de complicité, de retrouvailles avec un Dan Torrence tellement humain et proche !

Le Grand Maître (n'ayont pas peur des mots) sera sur Paris, pour la première fois, en Novembre, à la rencontre de ses lecteurs :
  • Le 13 Novembre au Store du MK2 Bibliothèque – 128-162, av de France – 75013 Paris, en dédicace de 13h à 15h
  • Le 15 Novembre, sur la radio Le Mouv' de 12h à 14h
  • Le 16 Novembre, au Grand Rex, à partir de 20h30, pour une débat-rencontre avec ses fans
J'aurai le privilège d'être présente à cette dernière soirée, et vous ferai un compte rendu de la soirée.

De retour ...

La rentrée scolaire de nos chers enfants étant passée, nous allons pouvoir nous remettre à parler livres.

Quelques lectures qui feront l'objet d'articles très prochainement :
 
  • Dr Sleep, de Stephen King, une suite à son grand succès Shinning. Où Danny Torrence, le petit bout de 5 ans qui survécut à son père, a bien grandit !
 
  • Au revoir là haut, de Pierre Lemaître, le grand coup de cœur de cette rentrée littéraire
 
  • Reflex, de Maud Mayeras, une jeune femme pleine de talent qui nous emporte dans un roman noir époustouflant

  • Silo, de Hugh Howey, un roman de science fiction pas banal


Et d'autres encore, qui viendront au fur et à mesure que la libraire trouvera le temps de lire ...


En attendant, je vous souhaite de passer de bonnes vacances d'automne, et d'avoir de bonnes lectures !

samedi 24 août 2013

LIVRE - Rentrée 2013 - Danse Noire



Milo se meurt.

Paul, son associé et amant, réalisateur comme lui, veut faire un dernier film avec lui, celui de son histoire et celle de sa famille, comme un dernier témoignage et un dernier geste d'amour.

Alors à ses côtés, il prépare les plans, déroulant cette histoire en scènes, partant de l'Irlande du début du siècle, en passant par les provinces québécoises, pour atterrir dans les favélas brésiliennes.

Rythmée par les tambours de la capoeira, à l'image d'un cœur qui bat, Nancy Huston nous entraine dans les lignes de ce scénario si particulier, dans une construction alternant le français et l'anglais (traduit en québécois en note de bas de page), dans une langue crue, vivante, qui nous parle d'amour et d'abandon, de lâcheté et de courage, d'espoirs et d'attentes.

 
Danse Noire - Nancy Huston - Actes Sud - Août 2013 - 21 €

LIVRE - Rentrée 2013 - La maison des chagrins



Un roman noir dont les personnages sont comme un système solaire : au centre, la mort, un soleil noir de tristesse et de perte ; autour, des satellites qui tournent, lentement, chacun dans sa propre ellipse, son propre rythme.
 
Un artiste talentueux mais détruit par la mort de sa femme et sa fille ; une violoniste célèbre dont le fils a été tué dans un accident de voiture ; l'homme qui a tué ce fils chéri et qui sort de prison ; un ancien révolutionnaire algérien ; un ancien tortionnaire chilien reconverti en détective privé ; une galeriste au passé douloureux ; un jeune homme d'origine asiatique qui vit avec sa mère infirme ...
 
Une galerie de personnages torturés qui se dévoilent peu à peu, chaque blessure, chaque pensée, chaque fêlure portée à la lumière crue de la vie ...

Et puis viens une météore, sous la forme d'un tableau à peindre, qui imprime un nouveau rythme à ce système : les trajectoires changent, les ellipses se rétrécissent et finissent par se faire télescoper les uns après les autres ces rocs de tristesse, de haine et de désespoir.
On y aborde non seulement les histoires personnelles, mais aussi l'Histoire : les tortionnaires de Pinochet, la guerre d'Algérie, la seconde guerre mondiale ... une pointe de "sérieux" qui brosse le terreau de chaque personnalité.

Pour son deuxième roman, Victor del Arbol, auteur barcelonais et flic catalan, nous entraine dans les remous d'un effet papillon dévastateur et concentré, qui prends son temps pour atteindre sa vitesse de collision et exploser comme une nova.
A découvrir absolument !
 
La maison des chagrins - Actes Sud, collection Actes Noirs - Sortie le 4 Septembre 2013 - 23,5€

mercredi 29 mai 2013

LIVRE - W3, le sourire des pendus, par Ludo

La libraire lit, mais pas tout ... et parfois, elle fait appel à l'avis éclairé d'amis, de confrères, de bloggeurs.
Vous trouverez donc ici la chronique de ce livre (que je me réserve pour les vacances), dont je connais bien les auteurs et leurs écrits.
Tout au long de leurs publications, ils ont montré qu'écrire à 4 mains, 2 "moitiés d'orange", peut être une formidable expérience.
De leur tétralogie des "Voies de l'ombre" avec un anti-héros dont on se souvient parfois mieux que des "gentils", à leur avant dernier "Les murs de sang", qui montre une grande qualité d'écriture, ils ont abordé, ensemble ou séparement, des univers très différents mais à chaque fois avec beaucoup de talent.
 
Je vous laisse donc avec Ludo ...
 
"« W3, le sourire des pendus » est le premier tome d’une nouvelle série de thrillers écrite  par Nathalie Hug et son mari Jérôme Camut.
Une  collaboration qui dure, pour preuve les références, plus ou moins flagrantes, distillées à droite et à gauche dans ce nouveau roman, issues  aussi bien de leur bibliographie à quatre mains (la tétralogie des « voies de l’ombre », « Les yeux d’Harry »)  que de leurs œuvres solos respectives  (« Malhorne », « La demoiselle des tic-tac »)).
En peu de temps, ces deux auteurs sont devenus une référence, pour moi, comme le sont Stephen King ou Serge Brussolo, au point que d’attendre d’acheter leur livre au-delà de la date de la sortie m’est devenu très difficile voire impossible. Dès lors que j’ouvre un de leur livre je sais qu’il me sera difficile de le refermer ; si une légère appréhension subsiste, elle est vite balayée dès que l’intrigue commence à se développer.
Nathalie Hug et Jérôme Camut en sont venus  à créer leur propre univers au travers d’un style d’écriture unique qui laisse transparaitre  une forte sensibilité.
Une cohérence étayée également par des personnages remarquables qui explorent à chaque fois la nature humaine ; aussi bien dans ce qu’elle a de plus louable que dans ses pires excès.
Le  thriller saupoudré d’anticipation leur réussit sans doute plus particulièrement, mais assurément ils peuvent ambitionner à s’essayer à d’autres genres.
 « W3, le sourire des pendus » s’inscrit dans cette veine. Les nouveaux protagonistes que les auteurs mettent en place captivent le lecteur qui n’a de cesse de suivre leurs péripéties, même si leur préférence ira à tel ou tel d’entre eux.
Des personnages « humains » qui touchent le lecteur, avec leurs points forts et leurs fêlures.
Ilya Kalinine, à sa façon, se révèle aussi charismatique que Kurtz (cf « Les voies de l’ombre »).
Plus tôt cette année, j’ai eu l’occasion de redécouvrir Philippe Besson au travers son livre « L’enfant d’octobre » traitant de l’Affaire Gregory et de me faire une opinion plus précise de cette histoire qui s’est déroulée durant mon enfance.
Fait divers,  un des premiers « médiatisé », cité, à raison, dans « le sourire des pendus», dont une partie de l’intrigue se passe dans les Vosges où Léon Castel réside.
Incidemment, cet homme, engagé dans le combat des familles victimes des incohérences du système judiciaire, va venir en aide à Valentin Mendès, dont la sœur Laura, chroniqueuse télé, a disparu.
Ambitieuse, la jeune femme travaillait, apparemment, à la rédaction d’un dossier sur une affaire d’assassinat irrésolue une décennie plus tôt ; les époux Moreau, abattus dans d’horribles circonstances,  dont les deux petites filles n’ont pas été retrouvées après la mort de leurs parents.
Les approches pour aborder ce roman sont en réalité  diverses : on y trouve en effet un aspect sulfureux non négligeable au travers du portrait des déviances sexuels de nos contemporains, mâtiné de légendes urbaines telles que les « snuff movies », qui trouvent ici une effrayante crédibilité.
L’axe de lecture le plus classique étant l’enquête policière que mène Sookie, la fille de Léon, qui inspire le nom de ce premier volume, et qui débute dans des circonstances, là aussi de plus hasardeuses.
« Le sourire des pendus » c’est également une critique du monde des médias, de notre société de consommation. Un thème déjà abordé dans « Malhorne » (roman de Jérôme Camut, réédité chez Bragelonne, avec une nouvelle couverture, à l’occasion des dix ans de la maison d’édition) au travers du personnage de Nemo.
Le nouveau roman de Nathalie Hug et Jérôme Camut c’est surtout 750 pages de matière dense, qui mène à réfléchir, une fois la poussée  d’adrénaline dû au suspens retombée.
La suite est attendue avec impatience."