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samedi 24 août 2013

LIVRE - Rentrée 2013 - La maison des chagrins



Un roman noir dont les personnages sont comme un système solaire : au centre, la mort, un soleil noir de tristesse et de perte ; autour, des satellites qui tournent, lentement, chacun dans sa propre ellipse, son propre rythme.
 
Un artiste talentueux mais détruit par la mort de sa femme et sa fille ; une violoniste célèbre dont le fils a été tué dans un accident de voiture ; l'homme qui a tué ce fils chéri et qui sort de prison ; un ancien révolutionnaire algérien ; un ancien tortionnaire chilien reconverti en détective privé ; une galeriste au passé douloureux ; un jeune homme d'origine asiatique qui vit avec sa mère infirme ...
 
Une galerie de personnages torturés qui se dévoilent peu à peu, chaque blessure, chaque pensée, chaque fêlure portée à la lumière crue de la vie ...

Et puis viens une météore, sous la forme d'un tableau à peindre, qui imprime un nouveau rythme à ce système : les trajectoires changent, les ellipses se rétrécissent et finissent par se faire télescoper les uns après les autres ces rocs de tristesse, de haine et de désespoir.
On y aborde non seulement les histoires personnelles, mais aussi l'Histoire : les tortionnaires de Pinochet, la guerre d'Algérie, la seconde guerre mondiale ... une pointe de "sérieux" qui brosse le terreau de chaque personnalité.

Pour son deuxième roman, Victor del Arbol, auteur barcelonais et flic catalan, nous entraine dans les remous d'un effet papillon dévastateur et concentré, qui prends son temps pour atteindre sa vitesse de collision et exploser comme une nova.
A découvrir absolument !
 
La maison des chagrins - Actes Sud, collection Actes Noirs - Sortie le 4 Septembre 2013 - 23,5€

mercredi 29 mai 2013

LIVRE - W3, le sourire des pendus, par Ludo

La libraire lit, mais pas tout ... et parfois, elle fait appel à l'avis éclairé d'amis, de confrères, de bloggeurs.
Vous trouverez donc ici la chronique de ce livre (que je me réserve pour les vacances), dont je connais bien les auteurs et leurs écrits.
Tout au long de leurs publications, ils ont montré qu'écrire à 4 mains, 2 "moitiés d'orange", peut être une formidable expérience.
De leur tétralogie des "Voies de l'ombre" avec un anti-héros dont on se souvient parfois mieux que des "gentils", à leur avant dernier "Les murs de sang", qui montre une grande qualité d'écriture, ils ont abordé, ensemble ou séparement, des univers très différents mais à chaque fois avec beaucoup de talent.
 
Je vous laisse donc avec Ludo ...
 
"« W3, le sourire des pendus » est le premier tome d’une nouvelle série de thrillers écrite  par Nathalie Hug et son mari Jérôme Camut.
Une  collaboration qui dure, pour preuve les références, plus ou moins flagrantes, distillées à droite et à gauche dans ce nouveau roman, issues  aussi bien de leur bibliographie à quatre mains (la tétralogie des « voies de l’ombre », « Les yeux d’Harry »)  que de leurs œuvres solos respectives  (« Malhorne », « La demoiselle des tic-tac »)).
En peu de temps, ces deux auteurs sont devenus une référence, pour moi, comme le sont Stephen King ou Serge Brussolo, au point que d’attendre d’acheter leur livre au-delà de la date de la sortie m’est devenu très difficile voire impossible. Dès lors que j’ouvre un de leur livre je sais qu’il me sera difficile de le refermer ; si une légère appréhension subsiste, elle est vite balayée dès que l’intrigue commence à se développer.
Nathalie Hug et Jérôme Camut en sont venus  à créer leur propre univers au travers d’un style d’écriture unique qui laisse transparaitre  une forte sensibilité.
Une cohérence étayée également par des personnages remarquables qui explorent à chaque fois la nature humaine ; aussi bien dans ce qu’elle a de plus louable que dans ses pires excès.
Le  thriller saupoudré d’anticipation leur réussit sans doute plus particulièrement, mais assurément ils peuvent ambitionner à s’essayer à d’autres genres.
 « W3, le sourire des pendus » s’inscrit dans cette veine. Les nouveaux protagonistes que les auteurs mettent en place captivent le lecteur qui n’a de cesse de suivre leurs péripéties, même si leur préférence ira à tel ou tel d’entre eux.
Des personnages « humains » qui touchent le lecteur, avec leurs points forts et leurs fêlures.
Ilya Kalinine, à sa façon, se révèle aussi charismatique que Kurtz (cf « Les voies de l’ombre »).
Plus tôt cette année, j’ai eu l’occasion de redécouvrir Philippe Besson au travers son livre « L’enfant d’octobre » traitant de l’Affaire Gregory et de me faire une opinion plus précise de cette histoire qui s’est déroulée durant mon enfance.
Fait divers,  un des premiers « médiatisé », cité, à raison, dans « le sourire des pendus», dont une partie de l’intrigue se passe dans les Vosges où Léon Castel réside.
Incidemment, cet homme, engagé dans le combat des familles victimes des incohérences du système judiciaire, va venir en aide à Valentin Mendès, dont la sœur Laura, chroniqueuse télé, a disparu.
Ambitieuse, la jeune femme travaillait, apparemment, à la rédaction d’un dossier sur une affaire d’assassinat irrésolue une décennie plus tôt ; les époux Moreau, abattus dans d’horribles circonstances,  dont les deux petites filles n’ont pas été retrouvées après la mort de leurs parents.
Les approches pour aborder ce roman sont en réalité  diverses : on y trouve en effet un aspect sulfureux non négligeable au travers du portrait des déviances sexuels de nos contemporains, mâtiné de légendes urbaines telles que les « snuff movies », qui trouvent ici une effrayante crédibilité.
L’axe de lecture le plus classique étant l’enquête policière que mène Sookie, la fille de Léon, qui inspire le nom de ce premier volume, et qui débute dans des circonstances, là aussi de plus hasardeuses.
« Le sourire des pendus » c’est également une critique du monde des médias, de notre société de consommation. Un thème déjà abordé dans « Malhorne » (roman de Jérôme Camut, réédité chez Bragelonne, avec une nouvelle couverture, à l’occasion des dix ans de la maison d’édition) au travers du personnage de Nemo.
Le nouveau roman de Nathalie Hug et Jérôme Camut c’est surtout 750 pages de matière dense, qui mène à réfléchir, une fois la poussée  d’adrénaline dû au suspens retombée.
La suite est attendue avec impatience."

mardi 23 avril 2013

LIVRE - Quand Dieu était un lapin, Sarah Winman

 
Il est parfois des titres qui amusent, et du coup qui attirent l'oeil. Celui ci en fait partie.
Quelle était donc cette histoire de Dieu et de Lapin ?
 
Il s'agit de la chronique d'une famille normale de l'Angleterre, entre 68 (date de naissance de la narratrice) et 2002, après les attentats du 11/09.
 
Eléanor nous y conte sa jeunesse avec ses parents, son frère, sa meilleure amie, sa tante actrice et lesbienne, un vieux bonhomme qui deviendra un membre de la famille, et Dieu, ce lapin que son frère lui a offert un Noël.
 
Le regard évolue avec elle, passant d'une petite fille franche du collier (et à qui cela joue des tours) à une femme un peu seule, un peu renfermée ; de l'innocence des 10 ans à la recherche de sens de la vie de la trentaine.
Tout en grâce et en finesse, elle déroule le fil de ses souvenirs pour nous, et on se prend à les aimer ces gens normaux mais pas tant que ça ...
 
Douce amère, cette chronique est parfois drôle, parfois pas ... un petit côté Little Miss Sunshine pas désagréable.
 
A découvrir ...
 
 
Quand Dieu était un lapin, Sara WNMAN - Flammarion - 19,90 €

mercredi 20 mars 2013

EVENEMENTS - 23 Mars 2013

Le samedi 23 Mars 2013, 2 animations sont proposées à la librairie :

De 14h30 à 15h30

"Littérature et Cinéma : commentt le cinéma s'approprie les écrits pour leur donner vie, avec plus ou moins de succès"

Votre libraire vous présentera un bref historique de cette histoire d'amour passionnelle, et sera à l'écoute de vos questions.


De 14h30 à 16h30

Atelier Créatif, animé par Marie-Anne Rethoret, créatrice, qui vous initiera ou perfectionnera dans différents travaux d'aiguille : tricot, point de croix, broderie, patchwork, ...

mardi 19 mars 2013

PRIX - Prix des Librairies 2013

Le Prix des Libraires a été attribué à Yannick GRANNEC, pour son roman "La déesse des petites victoires", roman narrant l'histoire du mathématicien et théoricien Kurt GÖDEL à travers le regarde de son épouse.
Une histoire à la fois tendre et dure, entre l'amour que lui porte Adèle et ses problèmes psychologiques (paranoîaque, dépressif, ...), et qui nous transporte de l'Autriche des années 30 à Princeton, avec comme ami Einstein, Wolfgang Pauli, et d'autres têtes pensantes de l'époque.
Une vie de beaucoup de sacrifices et de peu de joies, mais d'un amour rude et sincère pour cet homme trop intelligent.
 
Une très belle histoire à découvrir ...
 
 
La Déesse des petites victoires, Anne Carrière - 22 €
 
 

vendredi 15 mars 2013

Evènement - Soirée "Exquise Nouvelle Saison 2" - 12 Avril 2013


Pour sa deuxième édition, sur le principe des Exercices de Style de Queneau, c'est la maison In Octavo qui publie cet ouvrage atypique, qui mèle auteurs confirmés et amateurs autour d'un même thème.
 
Mais cette expérience est bien plus que celà. Depuis le début, le but est à la fois ludique et solidaire.
C'est pourquoi tous les droits d'auteurs sont intégralement reversés à l'association "Les petis courageux", qui s'occupe d'informer sur la facio-craniosténose syndromique (syndrome de Crouzon, Apert, Pfeiffer,...), et soutenir les familles concernées soit financièrement soit psychologiquement.
 
 
Le vendredi 12 Avril 2013, à partir de 18h30, venez retrouver quelques uns des auteurs (dont votre libraire fait partie) et découvrir le livre.
 
Pour cette soirée, 5% du montant total des ventes sera reversé directement à l'association.
 
N'hésitez pas à pré-reserver votre ouvrage, et de venir le retirer lors de la soirée, agrémenté de quelques dédicaces des auteurs.
 
Un petit apéritif sera proposé à partir de 19h30.
 
Les 7 petits nègres, In Octavo Editions - 17 €
 
Pour toute pré commande : contact@auxmillefeuilles.fr

Coup de Coeur - 22/11/63, Stephen King

Qui n'a jamais rêvé de retourner dans le passé, pour tenter de changer un évènement qu'il soit personnel ou mondialement reconnu ?

Jake, professeur d'anglais sans attaches, voit cette opportunité lui être offerte par Al, patron d'un snack un peu particulier qui dispose d'un passage vers 1958.
Sa mission ? Empêcher l'assassinat de JFK à Dallas, le 22 Novembre 1963, et changer leur présent.

Mais Jake va vite se rendre compte que le passé tient à rester tel qu'il est et qu'il ne se laissera pas changer sans réagir.


C'est un retour du Stephen King que j'avais adoré dans Dead Zone, ce souffle qui nous raconte la petite et la grande histoire entremêlées, où les personnages sont si vivants, si proches, si humains.
Il nous transporte dans le temps de ses romans, car comment ne pas reconnaître un peu de John Smith dans Jake, ne pas se replonger dans Ca lorsqu'il nous ramène à Derry ...
Et n'oublions pas la Grande Histoire, avec une plongée dans la vie de Oswald comme on la connaît peu, et un déroulé de cette journée mythique comme si nous y étions.

Une écriture facile, mais puissante, qui nous plonge tout de suite dans son monde, que l'on a du mal à quitter, on aurait envie que cela dure encore et encore.


22/11/63, Stephen King - Albin Michel - 25,90 €